Transgenre et transhumanisme

Pour une Médecine Humaine

C’est une pétition intitulée Un manifeste européen pour une approche objective du « changement de genre » des mineurs dans les médias qui est à l’origine de ces quelques réflexions.

Une étude suédoise alerte sur l’augmentation importante (60%) des demandes de changements de sexes chez les enfants et adolescents.

Il ne s’agit nullement de juger de quelques façons que ce soit le bien fondé du besoin de changer de sexe. Ce qui m’a alertée c’est plutôt l’attitude du monde médical face à ces demandes des enfants et adolescents. Outre l’interrogation sur l’augmentation exponentielle, il est frappant de constater la mainmise de la médecine sur un sujet relevant de l’intime. La marchandisation du corps est là effroyable.

Ce qui se joue, c’est bien notre rapport au corps. Comment faisons-nous alliance avec ce corps, n’est-il que biologique, que sexué. Lacan disait que le corps ne fait apparition dans le réel que comme malentendu. Nous sommes tous en délicatesse avec nos corps, jamais totalement conformes à l’image de soi.

Notre société scientiste réduit nos corps à la biologie et ce pour le plus grand profit des « interventions » médicales et thérapeutiques. Ramassis d’organes plus ou moins fonctionnels.

L’inscription officielle de « la dysphorie de genre » (ou incongruence de genre) comme pathologie s’est faite en 2014 dans le DSM-V.

Ce fameux « répertoire » américain des pathologies mentales (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) a une histoire : la première version sort en 1952, un grand changement s’amorce lors de la seconde édition (1968) dans le contexte social de « liberté » et les pathologies mentales, encore en lien avec les données psychanalytiques, amorcent le virage de l’organicité et bien entendu des traitements chimiques. On retire alors l’homosexualité et le stress post traumatique.

Dans les années 80 sous l’impulsion et les financements de l’agence fédérale National Institute of Mental Health (NIMH) la liste de maladies s’étoffent et des listes de critères sont mises au point. Les chercheurs sont ravis puisqu’ils espèrent démontrer enfin l’origine biologique, organique des maladies mentales. Tout le monde repère vite le filon : les assurances qui comptent faire des économies et Big Pharma mettre sur le marché les médicaments correspondant aux maladies. Et comme chacun sait plus l’offre est importante, plus la demande explose. Un seul exemple, le valproate de sodium (Dépakine), découvert en 1967, a été initialement autorisé aux États-Unis comme antiépileptique en 1983. Il a ensuite été breveté par les laboratoires Abbott en 1995 comme stabilisateur de l’humeur recommandé pour les troubles bipolaires et poursuit depuis une très lucrative carrière (Healy, 2006).

La prodigieuse expansion des DSM va s’arrêter avec le DSM V de plus en plus critiqué et la prise de conscience des chercheurs de l’impossible définition exclusivement organique des troubles mentaux.[i]

Bref la dysphorie de genre est inscrite et ça rapporte ! Par exemple le Lupron (Abbvie), (utilisé dans le cadre des cancers prostatiques en phase palliative), est prescrit sans autorisation de la FDA pour bloquer la puberté chez les enfants présentant une dysphorie de genre. Le laboratoire a été poursuivi par l’état américain et condamné à 874 millions de dollars pour publicité mensongère et corruption. Mais Abbvie affiche toujours les visages réjouis d’enfants sur sa page Lupron[ii].

Le lien avec la voie transhumaniste mise en lumière par notre petit couronné est évident : le corps objet, la polarisation biologique, l’effarante augmentation de la pathologisation, l’abandon de la clinique au profit des « examens en tout genre, les téléconsultations… bref tout est « anormal » pour normaliser. Plus besoin d’un « esprit sain » le corps robotisé et pharmacologisé suffit. Peu importe le taux de suicide de jeunes adultes réalisant l’énormité des conséquences de leur choix de « se faire le corps qu’on veut » avec la complicité des instances médicales et éducatives.

La circulaire dite Blanquer [iii]«pour une meilleure prise en compte des questions relatives à l’identité de genre en milieu scolaire» représente l’archétype d’une manipulation des concepts. Et bien entendu ouvre la porte aux dérives les plus dangereuses. Encore une illustration (hélas bien orientée) de l’adage qui veut faire l’ange fait la bête.

Et que dire de l’étude de certains livres clairement pornographiques dès le collège (Qui es-tu Alaska ?, John Green) ou le lycée (Karine Tuil, L’invention de nos vies) livres inscrits dans les programmes. La sexualisation précoce de nos enfants, la démission trop fréquente des parents face au « Mammouth », les diagnostics sans fondements, les traitements destructeurs, la négation de la pédocriminalité et de la traite des enfants…

Trop c’est trop.

Et que celles et ceux qui pensent que je suis réac, bégueule sachent qu’en tant que médecin j’ai donné des cours d’éducation sexuelle pour les 3èmes dans un collège classé difficile. Mais la situation est maintenant catastrophique.

La tolérance est sœur du mépris (tolérer quelque chose ou quelqu’un n’est pas le respecter mais le supporter). Il est question de nos enfants et petits-enfants qui servent de chair à canon pour des lobbys qui brandissent la liberté comme un outil de manipulation. Les « autorités » nous la font à l’envers depuis trop longtemps, que l’on parle des manipulations de l’histoire pour arriver à celle des injections expérimentales récentes. Protégez les vieux au détriment des jeunes, quelle société digne de ce nom pourrait l’envisager.

La liberté est avant tout le respect de soi pour aller vers le respect de l’autre. Lorsqu’elle sert à culpabiliser, à manipuler… elle tue les personnes et l’Humain.

Françoise Dencuff

Sites :

https://www.observatoirepetitesirene.org/

http://www.vigi-gender.fr/

https://media.eduscol.education.fr/file/Action_sanitaire_et_sociale/52/6/education_sexualite_intervention_114526.pdf


[i] https://www.cairn.info/revue-hermes-la-revue-2013-2-page-85.htm

[ii] https://www.lupron.com/

[iii] https://www.education.gouv.fr/bo/21/Hebdo36/MENE2128373C.htm

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