Dérives et retournements de valeurs

Pour une Médecine Humaine

Médecin et thérapeute pendant de nombreuses années, j’ai été amenée à accompagner des personnes victimes de maltraitances de tous ordres. Maltraitances physiques et sexuelles, psychologiques et spirituelles. Toutes étant basées sur les dimensions de peur, de pouvoir et donc d’asservissement de la personne. Les atteintes sont difficilement rattrapables même si les personnes arrivent peu à peu à comprendre et intégrer ces expériences. Vous connaissez la célèbre phrase de Nietzsche : Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Plus fort peut-être mais vivant ce n’est pas certain. Vivant au sens de joyeux, en lien, serein, autonome etc.

Depuis bientôt 3 ans nous sommes englués dans la peur. Peur d’un virus dont il est maintenant certain qu’il a été quelque peu trafiqué, peur de représailles si nous n’obéissons pas au dogme vaccinal, peur d’attraper une maladie dont tous les médias et les politiques nous parlent sans arrêt, peur de l’autre qui peut être porteur. Bref peur. Et quand il apparaît que ce petit couronné est finalement peu dangereux la guerre en Ukraine est déclarée et nous remettons une nouvelle couche de peur face aux risques de pénurie et d’effondrement toujours consciencieusement alimentée par les médias et les politiques.

Certains d’entre nous et non des moindres, médecins, économistes, juristes se sont élevés contre cette peur. Le net foisonnent de conférences sur les manipulations de l’opinion, sur les dérives totalitaires et jour après jour les populations commencent à réaliser « qu’une dose ça va, mais trois bonjour les dégâts » pour paraphraser un slogan célèbre contre l’alcoolisme. On ne peut que remarquer la justesse de l’anticipation puisque les chiffres des décès et des hospitalisations s’affolent effectivement après la troisième dose.

Donc il est assez évident que les états n’ont pas vraiment intégré la définition d’une dérive sectaire. À tout seigneur, tout honneur regardons la définition affichée sur le site de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) :

Il s’agit d’un dévoiement de la liberté de pensée, d’opinion ou de religion qui porte atteinte à l’ordre public, aux lois ou aux règlements, aux droits fondamentaux, à la sécurité ou à l’intégrité des personnes. Elle se caractérise par la mise en œuvre, par un groupe organisé ou par un individu isolé, quelle que soit sa nature ou son activité, de pressions ou de techniques ayant pour but de créer, de maintenir ou d’exploiter chez une personne un état de sujétion psychologique ou physique, la privant d’une partie de son libre arbitre, avec des conséquences dommageables pour cette personne, son entourage ou pour la société.

Et bien tout est dit : depuis deux ans nous assistons sans conteste à la mise en œuvre de pressions ou de techniques ayant pour but […] la privant d’une partie de son libre arbitre, avec des conséquences dommageables pour cette personne, son entourage ou pour la société.

Je ne vous étonnerais pas si je prends pour exemple les soignants suspendus sans salaire par refus des injections ou à l’inverse celles et ceux qui se sont soumis au chantage gouvernemental : sans piquouse pas de sortie, pas de boulot, pas de réunions familiales etc. D’un côté les méchants qui refusent et font valoir leur libre arbitre et sont exclus, de l’autre ceux qui abdiquent. Bien entendu loin de moi l’idée de jeter la pierre à ces derniers. Quand le choix prend la forme d’un chantage à la survie économique et sociale, ce n’est pas un choix.

Alors quand au fil des mois la révélation de l’inanité des raisons de ces atteintes au libre arbitre devient de plus en plus évidente, le gouvernement sort sa dernière carte par la bouche de Mme Sonia Backès, secrétaire d’État en charge de la Citoyenneté. Le grand mot est lâché complotisme. Elle nous annonce donc des assises pour mettre en place des actions… de délation.

https://www.bfmtv.com/politique/gouvernement/sonia-backes-annonce-que-le-gouvernement-va-organiser-des-assises-des-derives-sectaires-et-du-complotisme_VN-202211020779.html

Osons appeler un chat un chat ! Pas facile lorsque l’on est face à une victime ou à sa famille de « dénoncer ». Tous les médecins et les enseignants, et par là les échecs des campagnes contre les violences intrafamiliales par exemple, sont confrontés à ces cas de consciences. Car nous avons beau nous ériger en protecteurs des plus faibles, faire savoir pour protéger, quand ce n’est pas la victime qui s’en charge, relève de la dénonciation. Les moments les plus noirs de notre histoire récente refont alors surface.

Une des techniques les plus pernicieuses de l’emprise sectaire est le retournement des valeurs. Dans la situation présente en considérant la valeur « libre arbitre » et l’article 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme : La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.

Sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. Qui a abusé de notre liberté de pensée et d’opinions ? Commençons par définir l’abus : mauvais usage, usage excessif, injuste ou pernicieux de quelque chose.

Synonymes : excès, exagération, outrance. Exemples : abus de médicament, abus de pouvoir. L’abus est aussi le fait d’outrepasser certains droits, d’aller au-delà d’une norme, d’une règle.

En matière d’usage pernicieux je pense que nous en avons plus que subis. Et que dire de « l’outrepassement » de la déclaration des droits de l’homme (article 5 : La loi n’a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société) ou même de la constitution dont l’article 35 précise que la déclaration de guerre est autorisée par le Parlement, (je fais ici référence au discours du Président le 16 mars 2020).

Nos gouvernements ont donc renversé la table, et nous voilà culs par-dessus têtes. Nos valeurs fondamentales deviennent des abus. Dont acte ! Mais la situation devient clairement ubuesque quand ce sont les représentants de l’état censés les défendre qui s’arrogent le pouvoir de les sanctionner.

Lorsque l’on s’intéresse au parcours de notre secrétaire d’état à la citoyenneté on comprend mieux sa volonté de dénonciation. Elle a en effet vécu pendant des années au sein de la scientologie. Un article du Figaro sorti opportunément en septembre 2022 nous raconte son « combat intime » contre la scientologie Je peux parfaitement respecter la difficulté de ce parcours et les répercussions psychologiques mais devons-nous en faire les frais ? Comment interpréter ce « combat personnel », que reste-t-il des années de manipulations ? En temps qu’être humain et thérapeute, il m’est impossible de faire l’impasse sur ce que nous appelons les projections. Quelle projection nous envoie-t-elle quant à son propre besoin de protection durant son enfance ?

Non Madame, nous n’avons pas besoin d’être « protégés » comme des enfants. Nous avons les capacités et les compétences pour « faire le point » sur les vicissitudes que nous traversons. Et comment se fait-il que vous vouliez lutter contre le complotisme alors que la pédocriminalité continue de faire des ravages ? Qu’en est-il des mesures prises face aux institutions, y compris juridiques, qui classent sans suite des affaires effroyables, qu’en est-il de l’absence de débat citoyen autour des conflits d’intérêt, des manquements à l’honneur, de la protection des enfants.

Nous savons quelles sont nos valeurs, non pas les valeurs d’une démocratie illusoire mais celles d’humains responsables de leurs choix et beaucoup trop d’entre nous les ont assumés douloureusement. Ces valeurs sont toutes tournées vers le respect et l’accueil de l’Autre au sens le plus noble du terme. Et pour accueillir l’Autre encore faut-il s’accueillir soi-même en tout premier lieu.

Il est évident qu’un débat citoyen autour de la notion d’Emprise, quelle qu’elle soit (harcèlement, sectes, abus de pouvoir etc.) est parfaitement judicieux dans une société qui se veut Humaine. Pour autant la dénonciation des idées, des positions contraires aux discours politiquement corrects, me paraît délétère pour une vision harmonieuse des rapports entre citoyens. Je ne peux m’empêcher de revoir certaines émissions accueillant sans états d’âme des « personnalités » affichant sans complexe leurs penchants pédophiles. Il ne peut pas y avoir de lois pour « certains » qui ne s’appliquent pas à l’ensemble, à moins de mettre l’ensemble de la société dans la nasse des « dérivants ».